L’accord du participe passé
L’accord du participe passé
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Votre phrase
On écrit
cueillies
Accord avec le complément d’objet direct placé avant.
- L’auxiliaire est « avoir ».
- Il y a un complément d’objet direct.
- Il est placé avant le verbe : l’accord se fait avec lui.
- On accorde donc : féminin pluriel, on ajoute « es ».
La règle : Avec l’auxiliaire « avoir », le participe passé s’accorde avec le complément d’objet direct lorsque celui-ci est placé avant le verbe.
Les trois questions, et pourquoi cet ordre
1. Quel auxiliaire accompagne le participe ?
Tout se joue là. Avec « être », l’accord se fait avec le sujet ; avec « avoir », il ne se fait que dans un cas précis ; sans auxiliaire, le participe se comporte comme un adjectif.
2. Y a-t-il un complément d’objet direct ?
On le trouve en posant « qui ? » ou « quoi ? » après le verbe. S’il n’y en a pas, avec « avoir », le participe ne bouge pas.
3. Ce complément est-il placé avant le verbe ?
C’est la seule chose qui déclenche l’accord avec « avoir ». Un complément placé après ne fait jamais accorder.
L’ordre n’est pas décoratif : demander où se trouve le complément avant de savoir quel auxiliaire on emploie, c’est poser une question qui n’a pas toujours de sens.
Les phrases qu’on cherche
Les fleurs qu’il a cueillies
Auxiliaire « avoir », complément d’objet direct « qu’ » mis pour « les fleurs », placé avant : accord au féminin pluriel.
Elles sont parties
Auxiliaire « être » : accord avec le sujet, féminin pluriel.
Elle s’est lavée
Verbe pronominal, le pronom « se » est complément d’objet direct : c’est elle qu’on lave. Accord.
Elle s’est lavé les mains
Ici « se » n’est pas complément d’objet direct : ce sont « les mains » qu’on lave, et elles sont placées après. Pas d’accord.
Ils ont écrit une lettre
Auxiliaire « avoir », complément d’objet direct placé après le verbe : pas d’accord.
La lettre que j’ai écrite
Le même verbe, mais le complément d’objet direct « que » est passé devant : l’accord se fait.
Les efforts qu’il a fournis
Complément d’objet direct masculin pluriel placé avant : on ajoute un « s ».
Elles se sont succédé
On succède « à » quelqu’un : le pronom est complément d’objet indirect, jamais direct. Ce participe ne s’accorde jamais.
Ceux qui ne s’accordent jamais
Ces verbes se construisent avec « à » : on succède à quelqu’un, on téléphone à quelqu’un. Le pronom réfléchi ne peut donc jamais être complément d’objet direct, et le participe reste invariable en toute circonstance.
- succédé
- plu
- déplu
- parlé
- téléphoné
- ri
- souri
- nui
- menti
- écrit (l’un à l’autre)
Les questions qu’on se pose
- Quand accorde-t-on le participe passé avec « avoir » ?
- Seulement quand un complément d’objet direct est placé avant le verbe. « Il a cueilli des fleurs » : pas d’accord, le complément est après. « Les fleurs qu’il a cueillies » : accord, le complément est passé devant sous la forme du pronom « qu’ ». C’est la seule condition, et elle n’en souffre aucune exception ordinaire.
- Et avec l’auxiliaire « être » ?
- L’accord se fait toujours avec le sujet, sans condition. « Elles sont parties », « ils sont venus ». C’est le cas le plus simple, et pourtant on l’oublie parce qu’on a la tête pleine de la règle du « avoir ».
- Pourquoi écrit-on « elle s’est lavée » mais « elle s’est lavé les mains » ?
- Parce que le rôle du pronom change. Dans le premier cas, c’est elle qu’on lave : « se » est complément d’objet direct, placé avant, donc accord. Dans le second, ce sont les mains qu’on lave : « se » n’est plus complément d’objet direct, et le vrai complément est placé après. Pas d’accord. C’est la distinction la plus utile de toute la règle.
- Comment trouver le complément d’objet direct ?
- On pose « qui ? » ou « quoi ? » juste après le verbe. « Il a mangé quoi ? — une pomme » : « une pomme » est complément d’objet direct. Si la question n’a pas de réponse, ou si elle appelle « à qui ? », il n’y a pas de complément d’objet direct et le participe reste invariable.
- Certains participes ne s’accordent-ils jamais ?
- Oui : ceux des verbes qui se construisent avec « à ». On succède à quelqu’un, on parle à quelqu’un, on téléphone à quelqu’un. Le pronom réfléchi ne peut donc jamais être complément d’objet direct, et le participe reste invariable en toute circonstance : « elles se sont succédé », « ils se sont téléphoné ».
- Faut-il accorder « fait » suivi d’un infinitif ?
- Non. « Fait » suivi immédiatement d’un infinitif reste invariable : « elle s’est fait couper les cheveux », « les robes qu’elle a fait faire ». C’est une exception fixée par l’usage, et elle vaut aussi pour « laissé » depuis les rectifications de 1990.
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Cette règle ne s’apprend pas : elle se pratique
On peut réciter la règle du participe passé sans savoir l’appliquer sous la dictée. Le Prof du soir la fait revenir en situation, quelques phrases par soir, jusqu’à ce que la question « le complément est-il avant ? » se pose toute seule au moment d’écrire.
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