Les figures de style
Les figures de style
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Les 25 figures
Elle rapproche deux éléments sans mot de comparaison : le second remplace le premier.
Cette faucille d’or dans le champ des étoiles.Victor Hugo, « Booz endormi »
Pour la reconnaître : Un mot est employé dans un sens qui ne peut pas être le sien au sens propre, et aucun « comme » ne l’annonce.
Son effet : Elle crée une image plus dense que la comparaison, et laisse au lecteur le travail du rapprochement.
À ne pas confondre avec la comparaison. La métaphore supprime l’outil de comparaison. C’est la seule différence.
Celles qu’on confond
Voici tous les couples piégeux, et la seule phrase à retenir pour chacun. Si vous n’apprenez qu’une chose de cette page, apprenez celle-ci.
La comparaison contre la métaphore
La comparaison garde le mot de comparaison, la métaphore le supprime. « Fort comme un lion » est une comparaison ; « ce lion se dressa » est une métaphore.
La métaphore contre la comparaison
La métaphore supprime l’outil de comparaison. C’est la seule différence.
L’allégorie contre la personnification
La personnification anime une chose le temps d’une phrase ; l’allégorie incarne une idée abstraite et la file sur tout un passage.
La métonymie contre la synecdoque
La synecdoque prend la partie pour le tout — « une voile à l’horizon » pour un navire. La métonymie prend un élément associé, mais qui n’est pas une partie.
La synecdoque contre la métonymie
La synecdoque exige un rapport de partie à tout. Si le lien est simplement une association d’idées, c’est une métonymie.
L’anaphore contre la répétition simple
L’anaphore exige la position initiale. Un mot répété au milieu des phrases n’est qu’une répétition.
L’accumulation contre la gradation
La gradation range ses termes par intensité croissante. L’accumulation ne les range pas : elle entasse.
L’hyperbole contre la litote
L’hyperbole en dit trop, la litote pas assez. Elles sont exactement opposées.
L’antithèse contre l’oxymore
L’antithèse sépare les contraires dans la phrase ; l’oxymore les colle dans le même groupe de mots — « une clarté obscure ».
L’oxymore contre l’antithèse
C’est une question de distance : collés, c’est un oxymore ; séparés, une antithèse.
La litote contre l’euphémisme
La litote dit moins pour faire entendre plus. L’euphémisme dit moins pour adoucir, et ne cherche pas à faire entendre davantage.
L’euphémisme contre la litote
L’euphémisme protège celui qui écoute ; la litote fait un clin d’œil à celui qui comprend.
L’allitération contre l’assonance
L’allitération répète une consonne, l’assonance une voyelle.
L’assonance contre l’allitération
Voyelle pour l’assonance, consonne pour l’allitération. C’est tout.
Le parallélisme contre le chiasme
Le parallélisme garde le même ordre — AB puis AB. Le chiasme l’inverse — AB puis BA.
L’antiphrase contre l’ironie
L’antiphrase est le procédé — un mot pour son contraire. L’ironie est l’attitude générale qui l’emploie.
La prosopopée contre la personnification
La personnification prête des traits humains ; la prosopopée va jusqu’à donner la parole.
Ce qu’une réponse complète contient
1. Le nom de la figure
C’est le quart de la réponse, pas la réponse entière.
2. Le passage précis qui la porte
On cite les mots concernés, pas toute la phrase : c’est ce qui prouve qu’on a repéré la figure et pas deviné.
3. L’effet produit
Rendre une idée visible, imiter un bruit, marteler un rythme. C’est la moitié des points, et c’est ce qu’on oublie.
Les questions qu’on se pose
- Quelle est la différence entre une métaphore et une comparaison ?
- Le mot de comparaison. « Fort comme un lion » est une comparaison, parce qu’il y a « comme ». « Ce lion se dressa » est une métaphore, parce que le mot de comparaison a disparu. C’est la seule différence, et c’est la question la plus posée de tout le chapitre.
- Comment distinguer la métonymie de la synecdoque ?
- La synecdoque prend une partie pour le tout : « une voile à l’horizon » pour un navire. La métonymie prend un élément associé, mais qui n’est pas une partie : « boire un verre », « lire un Zola », « l’Élysée a répondu ». Si le lien est un rapport de partie à tout, c’est une synecdoque ; sinon, une métonymie.
- Oxymore ou antithèse ?
- C’est une question de distance. L’oxymore colle les deux contraires dans le même groupe de mots — « cette obscure clarté ». L’antithèse les sépare dans la phrase — « je vis, je meurs ». Même opposition, deux figures différentes.
- Assonance ou allitération ?
- L’assonance répète une voyelle, l’allitération une consonne. « Les sanglots longs des violons » répète le son « on » : assonance. « Ces serpents qui sifflent » répète le « s » : allitération. Le moyen de ne plus les confondre : allitération et consonne ont toutes deux deux fois la lettre qui les distingue.
- Faut-il donner l’effet d’une figure ?
- Toujours. « C’est une métaphore » ne rapporte presque rien : la question attend qu’on dise ce qu’elle produit — rendre une idée visible, créer un rythme, imiter un bruit. Chaque figure de cette page porte son effet, parce que c’est la seconde moitié de la réponse attendue.
- Combien de figures faut-il connaître au brevet ?
- Une dizaine suffit : comparaison, métaphore, personnification, hyperbole, anaphore, gradation, antithèse, oxymore, allitération, assonance. Les autres se croisent en lecture et servent surtout au lycée. Mieux vaut en maîtriser dix qu’en réciter vingt-cinq.
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