Guide pour les parents
À quel âge laisser son enfant utiliser une intelligence artificielle ?
La loi donne un repère, les services en donnent un autre, et aucun des deux ne répond vraiment à la question. Voici ce qui compte réellement, âge par âge.
Ce soir, sans rien acheter
- Vérifiez sur quel compte il utilise ces services : le sien, ou le vôtre.
- Ouvrez les réglages et cherchez l’option qui refuse l’usage des conversations pour l’entraînement.
- Posez la règle de la pièce commune, pour cet outil comme pour les autres écrans.
Ce que dit la règle
En France, un mineur peut consentir seul au traitement de ses données personnelles à partir de quinze ans. En dessous, l’accord d’un parent est requis. C’est le repère juridique, et il porte sur les données, pas sur l’usage : il ne dit pas si un enfant de onze ans devrait s’en servir, il dit qui décide.
Les services, eux, fixent leurs propres seuils dans leurs conditions, souvent treize ans, parfois plus. Ces seuils ne sont presque jamais vérifiés : une date de naissance se tape. En pratique, c’est donc vous qui décidez, et personne d’autre.
Un point mérite d’être connu : la CNIL est l’autorité française à qui l’on peut s’adresser si un service refuse d’effacer les données d’un enfant. La demande se fait d’abord auprès du service, qui doit répondre en un mois.
Ce qui compte plus que l’âge
Avant dix ans, l’usage direct n’apporte rien et pose un vrai problème : un enfant de cet âge ne distingue pas une réponse sûre d’une réponse assurée. En revanche, tout ce qui s’enseigne sans écran s’enseigne dès le CP — qu’une machine n’est pas vivante, qu’elle répond même sans savoir, qu’on ne lui donne pas son nom.
Entre dix et treize ans, un usage accompagné a du sens : dans une pièce commune, avec un adulte disponible, et sur des tâches précises. Se faire interroger sur une leçon, demander une explication autrement, réclamer un exercice de plus. Jamais pour produire un devoir.
À partir du collège, la question n’est plus l’autorisation mais la méthode. Un adolescent s’en servira, avec ou sans vous. Ce qui se joue alors, c’est s’il sait quand ne pas s’en servir — pendant l’apprentissage — et s’il vérifie ce qu’il obtient.
Le cas des services qui s’invitent tout seuls
La question de l’âge se pose désormais sans qu’on ait rien installé. Ces machines sont arrivées dans les moteurs de recherche, dans les messageries, dans les traitements de texte : un enfant de neuf ans qui cherche un exposé obtient une réponse rédigée avant même d’avoir vu un seul lien, et personne ne lui a demandé son âge.
Cela change la consigne. Interdire un service ne protège plus de grand-chose, puisque ce n’est plus un service qu’on ouvre mais une couche posée sur ce qu’il utilisait déjà. Ce qui protège, c’est qu’il sache reconnaître une réponse fabriquée quand il en croise une, ce qui s’enseigne dès le CM1.
Le repère pratique tient donc en une inversion : la question n’est plus « à quel âge lui donner accès », mais « à quel âge lui a-t-on expliqué ce qu’il rencontre déjà ». La deuxième réponse doit venir avant la première.
Trois réglages qui valent une interdiction
L’appareil reste dans une pièce commune. Cette règle unique règle plus de problèmes que toutes les autres réunies, et elle vaut pour l’ensemble des écrans.
Le compte est le vôtre, pas le sien, tant qu’il n’a pas quinze ans. Vous restez ainsi responsable de ce qui s’y écrit, et vous pouvez en parler sans fouiller.
Dans les réglages du service, cherchez ce qui concerne l’entraînement : plusieurs permettent de refuser que les conversations servent à améliorer leurs machines. C’est un réglage à faire une fois, et personne ne le fait.
Les questions qu’on se pose
- Il a menti sur son âge pour s’inscrire. C’est grave ?
- C’est courant, et ce n’est pas le sujet principal. Le sujet est qu’un compte à son nom vous prive de tout regard et le prive de tout recours. Reprenez le compte à votre nom plutôt que de faire une affaire du mensonge.
- Les services conservent-ils ce qu’il écrit ?
- Oui, presque toujours, et selon les cas ces conversations peuvent servir à entraîner leurs machines. C’est écrit dans la politique de confidentialité, et c’est souvent refusable dans les réglages.
- Faut-il en parler à l’école ?
- Si l’usage vous inquiète, la réunion parents-professeurs est le bon endroit : la question intéresse tous les parents de la classe, et beaucoup n’osent pas la poser. Vous n’êtes pas le seul à vous la poser ce soir.
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Dix minutes par soir, sans vous
Tout ce qui est écrit ici demande un adulte disponible à 18 h — et c’est précisément ce qui manque. Le Prof du soir fait ce travail à votre place : il revient chaque soir de lui-même, ne donne jamais la réponse, s’arrête quand l’enfant fatigue, et vous écrit le vendredi ce qui a été fait.
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